Depuis quelques mois, vous avez surement remarqué les nouveaux arrivants du département. En effet, depuis maintenant 4 mois, 12 poissons habitent l’aquarium du département de sciences biologiques à l’entrée Claude-Champagne. Celui-ci a été remis en marche après plusieurs années d’abandon grâce à un généreux don de M. DiPaolo, ancien étudiant gradué au département et responsable jadis de l’entretien de l’aquarium. Lors d’une visite au département à l’automne 2016, il a été déçu de voir le projet à l’abandon. Grâce à son don, il a été possible à l’automne 2016 de remettre en marche l’aquarium et d’accueillir ses premiers occupants; 12 cichlidés africains. L’objectif de la bourse Tony DiPaolo est de soutenir la mise en marche et l’entretien de l’aquarium et de faire découvrir à la population étudiante l’incroyable diversité biologique que représentent les poissons, particulièrement les cichlidés africains.

Les cichlidés sont une famille de poissons dans l’ordre des perciformes. On les retrouve principalement en Afrique et en Amérique du Sud. Cette famille est l’une des plus nombreuses parmi les familles de vertébrés. Néanmoins, il n’existe aucune espèce de cichlidés au Québec. Les cichlidés sont bien représentés sur le continent africain, particulièrement dans les trois grands lacs africains soit les lacs Victoria, Tanganyika et Malawi. En effet, dans ce dernier, il existe plus de 1000 espèces de cichlidés! Comparativement, dans les Grands Lacs nord-américains, on ne retrouve que 75 espèces de poissons toutes familles confondues. Cette diversité extrême de ces Grands Lacs africains constitue un pôle de recherche riche pour les chercheurs qui tentent de mieux comprendre l’évolution, particulièrement les mécanismes permettant la création de nouvelles espèces. De plus, leur grande diversité, leur facilité de reproduction et leur résistance en font des poissons d’aquarium prisés.

L’aquarium du département héberge en ce moment 3 espèces de cichlidés provenant toutes du lac Malawi au Mozambique. Pour chaque espèce, deux mâles et deux femelles ont été choisis. L’on retrouve les labidos jaunes (Labidochromis caeruleus), les zèbres rouges (Maylandia estherae) et les demasoni (Pseudotropheus demasoni).

Un demasoni à côté d’un zèbre rouge dans l’aquarium du département de sciences biologiques.

Ces trois espèces sont territoriales et peuvent être agressives. C’est pourquoi plusieurs cachettes ont été créées dans l’aquarium à l’aide de roches pour limiter l’agression. Parlant de décor, savez-vous qu’il est très difficile de faire pousser des plantes dans un aquarium de cichlidés africains ? En effet, les cichlidés ont l’habitude de creuser dans le sable pour adapter l’habitat à leur besoin et déracinent par le fait même les plantes présentes. Ils vont même jusqu’à prendre du sable dans leur bouche pour aller le porter ailleurs.

Ces cichlidés ne mettent pas juste du sable dans leur bouche, ils vont aussi protéger leurs œufs et leurs petits de cette manière. Dès que la femelle pond ses oeufs, elle va les placer dans sa bouche et les protéger ainsi jusqu’à ce qu’ils aient éclos et que les alevins aient absorbé leur sac vitellin. Ce sac les nourrit durant la première semaine de croissance, mais très rapidement, les petits vont se contenter de la même nourriture que les parents; soit principalement des granules à base de spiruline, une algue microscopique.  Étant donné le grand volume d’eau dans l’aquarium et le suivi serré de la qualité d’eau, il ne serait pas surprenant d’observer de la reproduction très bientôt !

Pour la suite du projet, des vignettes seront apposées autour de l’aquarium pour informer les étudiants au sujet de l’aquarium et une activité de conte animé pour les enfants de la garderie de l’UdeM est en construction. De plus, il serait possible de bientôt accueillir de nouveaux poissons. Si vous avez des idées ou des questions concernant l’aquarium, n’hésitez pas à me contacter.

N.D.A. *Certains auront surement remarqué les algues brunes, des diatomées, qui semblent envahir l’aquarium ces temps-ci. Ne vous inquiétez pas. Leur présence est normale pour un nouvel aquarium. La croissance de ces algues dépend principalement de la présence de silice que l’on retrouve en abondance dans le sable. À mesure que l’eau de l’aquarium est changée, la quantité de silice diminue tranquillement faisant ainsi disparaître les diatomées.

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