Des tests de personnalités, probablement un peu bidons, vous en avez sûrement déjà fait. Sur Facebook, il y en a même une omniprésence et sans être très scientifiques, ils sont tout de même amusants à faire. D’ailleurs, il y a même une publication récemment parue sur le net qui révèle que des chercheurs de l’Orebro en Suède ont trouvé une corrélation entre la couleur des yeux et la personnalité. L’article a été retrouvé dans la revue Biological Psychology et, sans être tout à fait exact, il y aurait bien une corrélation non pas avec la couleur des yeux, mais avec la composition des yeux et certains traits de la personnalité. Dans le but d’enfoncer encore plus le clou à ceux qui croient que la couleur des yeux influence la personnalité, l’article mentionne que de nombreuses études n’ont pas vu de liens entre la couleur des yeux et la personnalité et les chercheurs eux-mêmes n’en ont pas trouvé. Au fil de ce texte, je vous propose de tenter vous aussi ce « test de personnalité » en vous basant sur la composition de vos yeux. Qui sait? Peut-être que les résultats vous surprendront? Ou ne feront que confirmer ce que vous savez déjà…

Dans un premier temps, les chercheurs, du nom de Mats Larsson, Nancy L. Pedersen et Hakan Stattin, ont attribué un test de personnalité à chacun des 428 étudiants de 19 à 54 ans. Les traits de personnalité sont multiples, 35 traits regroupés en 6 domaines ont été abordés dans le questionnaire.

Par la suite, les chercheurs ont  photographié les yeux des étudiants et les ont classés  en 4 groupes selon la similarité de la composition de leur iris. Trois aspects ont été pris en considération, soit le nombre de points de couleurs (2), le nombre de cryptes de Furch (1) et l’espace pris par les sillons de contraction (3). Ces caractéristiques sont hautement héritables, ne montrent pas de différences sexuelles et sont stables avec le temps.

Les points de couleur (2), comme vous pouvez observer sur cette image ici-bas, ressemblent à des trous bruns foncés dispersés dans l’iris (souvent pas plus de deux points de couleur par oeil). Les cryptes de Furch (1) ressemblent à des ovales autour de la pupille et les sillons de contraction (3) ressemblent à des anneaux autour de l’iris, proche son extrémité. Dans cet exemple, il n’y a qu’un anneau, pâle, pointé par les trois flèches sur l’image de gauche.  

  yeux1

Ce tableau vous montre en détail comment les trois variables ont été prises en compte et comment ont été séparés les groupes :

Fréquence des cryptes Points de pigments Expansion et contraction des sillons
Fibres seulement parallèles et regroupées de manière dense et frisées (aucunes cryptes visibles)

Nombre d’observations : 129  

  • Groupe 1 et 2
Absence de points de pigments

Nombre d’observations : 280

Sillons qui s’étendent moins du quart du cercle

Nombre d’observations : 106

  • Groupe 1 et 4
Plusieurs régions de fibres courbées et présence entre 1 et 3 cryptes peu profondes

Nombre d’observations : 169

  • Groupe 1 et 2
Présence de points de pigments

Nombre d’observations : 148

Expansion entre le quart et le 8/10 d’un cercle

Nombre d’observations : 142

  • Groupe 1 et 3
4 cryptes peu profondes et plus

Nombre d’observations : 130

  • Groupe 3 et 4
Expansion de plus du 8/10 d’un cercle

Nombre d’observations : 180

  • Groupe 2 et 3

La composition de l’œil a été observée pour chaque individu et ceux ayant des compositions semblables ont été regroupés ensembles. Dans ce tableau, on peut voir le lien entre les groupes et les différentes compositions de l’œil.  Les chercheurs se sont rendu compte qu’il n’y avait pas de liens entre certains traits de la personnalité et la présence ou absence de points de pigments et un groupe. C’est pour cela qu’aucun groupe ne leur ait associé.    

Par la suite, les chercheurs ont testé les liens entre les 35 traits de personnalités et les 4 groupes. Les chercheurs se sont rendu compte que seulement 11 traits (2 domaines) semblent être liés à une des deux variables (pas uniquement la même variable) présentées dans le tableau ci-haut et ont une probabilité de moins de 5% et 1%, respectivement, que les résultats soient dûs au hasard. Ces traits sont entre autres la tendance à exprimer et à avoir des émotions positives, la facilité à exprimer ses émotions, l’ouverture à des expériences nouvelles, le souci des autres, la confiance portée aux autres, la sympathie, l’auto-discipline, l’impulsivité, etc. Selon les analyses, les 4 groupes ont pu être regroupés en deux méta-groupes : un groupe avec des structures denses (gr. 1 et 2) et un groupe avec des structures ouvertes (gr. 3 et 4). Ces deux méta-groupes font référence au nombre de cryptes dans l’iris. Ceux avec peu de cryptes ont des structures plus denses, plus refermées et ceux avec plus de cryptes ont des structures plus ouvertes et moins « serrées ».

Selon les résultats de l’analyse, les individus avec des structures plus denses, soit le groupe 1 et 2, sont plus à l’écoute de leurs émotions et de leurs sentiments intrinsèques, ont plus de sympathie pour les autres, sont plus conscientisées pour les besoins des autres personnes que ceux avec des structures plus ouvertes. Parmi les résultats les plus solides, les individus des groupes 1 et 2 montrent plus facilement leur attachement, ont une plus grande confiance envers les autres et vont également exprimer des émotions positives comme la joie et le bonheur plus souvent que ceux avec des structures ouvertes comparativement aux groupe 3 et 4. La fréquence des cryptes est davantage reliée à l’espace émotionnel et à l’extraversion tandis que la contraction des sillons est plus reliée au contrôle des impulsions.       

Tout cela est très intéressant vous direz-vous, mais qu’est-ce qui expliquent les liens entre les traits de personnalité et la composition de l’iris? D’où vient ce lien? Les chercheurs se sont inspiré de d’autres études qui montrent que les gènes Pax6, Six3 et Lmx1b sont liés avec l’expression de cryptes et de sillons de contraction en plus de causer de la perte de tissu dans le cerveau. De plus, une étude a montré que chez une famille possédant une mutation de la protéine Pax6, le comportement se voyait modifié ; l’impulsivité, la difficulté à comprendre les règles sociales, le manque d’inhibition verbale et comportementale atteignaient des niveaux plus élevés que chez des individus ne possédant pas de mutation, en plus de présenter des anomalies dans le cortex et dans certaines régions du cerveau associées à la personnalité. Il y aurait donc un lien entre l’expression de ces gènes, certains traits de la personnalité et la composition de l’iris.

Pour le plaisir, j’ai tenté de déterminer ma personnalité à partir des trois variables et de trouver dans quel groupe j’étais. En lisant cette étude, je me demandais avec appréhension à quel groupe je serais identifiée. Avec la lumière de mon téléphone et un miroir, je suis arrivée à la conclusion que mon œil gauche était du groupe 1 (sillon entre ¼ et 8/10 du cercle, 2 cryptes) et mon œil droit du groupe 3 (5-6 cryptes, sillon entre ¼ et 8/10 du cercle). Résultat surprenant quoique assez déroutant je dois avouer! Que conclure de ces résultats? Ça c’est une autre histoire…

Par ailleurs, vous pouvez tout à fait faire le test chez vous, toutes les informations nécessaires sont dans cet article, mais sachez que cette étude ne semble pas pour le moment avoir été revue et vérifiée par des pairs et il faut donc continuer à garder un esprit critique. Cette publication, quoique très intéressante, n’est pas une preuve incontestable de la vérité!

Pour plus d’informations et pour voir l’article au complet (disponible sur PubMed), voici sa référence :

Larsson, M. Pedersen, N. Stattin, H. (2007), Associations between iris characteristics and personality in adulthood, Biological Psychology, 75(2), pp.165–175

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